Amsterdam Declaration - French
Déclaration dAmsterdam visant à faire barrage à la tuberculose
24 mars 2000, Amsterdam, Pays-Bas
Appel pour accélérer laction contre la tuberculose
La Conférence ministérielle sur la Tuberculose et le Développement durable à laquelle participent des représentants ministériels de 20 pays comptant à eux seuls quatre-vingts pour cent de la morbidité liée à la tuberculose dans le monde, réunie à Amsterdam en ce vingt-quatre mars de lan 2000, première Journée mondiale de la tuberculose du nouveau millénaire ;
Soulignant la nécessité impérieuse daccélérer laction contre la tuberculose, maladie très meurtrière qui fait sérieusement obstacle au développement de nos nations;
Déclare ce qui suit :
I. Nous notons avec une profonde inquietude que :
La somme des souffrances et des décès causés par la pandémie de tuberculose est à
la fois alarmante et inacceptable ;
La tuberculose fait huit millions de nouveaux malades et deux millions de morts chaque
année, parmi lesquels beaucoup denfants ;
Les femmes et les hommes sont principalement touchés à lâge où ils sont le plus
productifs ;
La tuberculose défait le tissu social à la fois en empêchant la scolarisation des
enfants et à cause de lostracisme dont sont frappés les malades ;
Elle enferme les groupes les plus pauvres, les plus marginalisés et les plus vulnérables
(y compris les prisonniers) dans le cercle vicieux de la maladie et de la pauvreté ;
Trois tuberculeux sur quatre sont de jeunes adultes, souvent malades du SIDA, fauchés
dans la fleur de lâge ;
La tuberculose est la principale cause de décès chez les personnes VIH-positives et est
à lorigine dun tiers des décès associés au SIDA dans le monde ;
Aucune association de maladies ne fait aussi directement obstacle au développement des
familles, des communautés, et partant, des économies nationales ;
Pourtant, lopinion publique ne mesure pas lampleur de ce fléau et
lengagement politique reste insuffisant.
II. Nous sommes conscients que :
Le péril mondial de la tuberculose dépasse de loin le domaine de la santé ;
Il sagit dun problème socio-économique complexe qui freine le développement
humain et que le secteur de la santé ne peut résoudre à lui seul ;
La lutte contre la tuberculose exige une collaboration entre les différents secteurs
publics et une action sétendant à lensemble de la société ;
Les mesures de lutte étendue doivent reposer sur des stratégies techniques testées avec
rigueur ;
Les communications, les médias et la technologie modernes offrent de nouvelles
possibilités déducation pour la santé permettant dencourager les
comportements favorables à la santé ;
Il existe un traitement à la fois efficace et économique ;
Pourtant, laccès à des médicaments de première intention sûrs et efficaces
demeure un problème important dans de nombreux pays ;
Il faut, en outre, se préoccuper sans plus attendre de laccès, notamment du point
de vue financier, aux médicaments de deuxième et troisième intentions ;
Il est nécessaire, par ailleurs, daccélérer la mise au point de produits
diagnostiques, de nouveaux médicaments et de vaccins ;
Une réponse accélérée à la tuberculose reposant sur un engagement politique plus
ferme est désormais indispensable pour écarter la menace dune épidémie
pharmacorésistante mondiale dont le coût social et économique serait colossal.
III. Nous affirmons que :
La prise en charge efficace de la tuberculose chez ladulte et chez lenfant
fait partie intégrante des soins de santé primaires et que, si on lui accorde un
rang de priorité élevé, elle peut contribuer de façon décisive au développement
global des systèmes de santé nationaux ;
La stratégie de lutte contre la tuberculose recommandée par lOMS (DOTS) regroupe
les pratiques essentielles acceptées au niveau international pour combattre la maladie et
empêcher lapparition de la pharmacorésistance ;
La lutte contre la tuberculose est une stratégie très efficace pour lutter contre la
pauvreté ;
Laccès à des programmes de lutte antituberculeuse qui sauvent des vies à
laide de médicaments sûrs et de qualité ouvre de nouvelles perspectives
dexistence à ceux qui, de ce fait, retournent au travail ou à lécole ;
La lutte contre la tuberculose constitue un bien public dimportance mondiale car
lépidémie saggravera si nous ne parvenons pas à soigner efficacement les
cas infectieux, à cerner lépidémie et à mettre en commun, aux niveaux national
et international, les meilleures pratiques et les meilleurs outils ;
Le fait de traiter efficacement et de guérir la tuberculose est la plus tangible des
interventions visant à prolonger la vie des personnes touchées par le VIH/SIDA ;
Les interventions mal conçues entraînent lapparition dépidémies
pharmacorésistantes.
IV. Nous nous engageons à accélérer laction contre la tuberculose de la manière suivante :
En faisant en sorte que les populations soient plus largement couvertes par la
stratégie de lutte contre la tuberculose recommandée par lOMS (DOTS), grâce à
laquelle au moins 70% des cas infectieux seraient dépistés dici 2005 ;
En veillant à mettre durablement à disposition des ressources humaines et financières
suffisantes pour faire barrage à la tuberculose ;
En veillant au développement des moyens de mise en uvre afin que ces ressources
soient utilisées de manière efficace et efficiente ;
En exécutant, surveillant et évaluant nos programmes nationaux de lutte contre la
tuberculose conformément aux critères définis par lOMS et acceptés au niveau
international ;
En améliorant les systèmes dacquisition et de distribution des médicaments
antituberculeux afin de garantir la qualité, laccès, la transparence et
lapprovisionnement en temps voulu ;
En incluant les mesures des résultats de base de la lutte contre la tuberculose parmi les
indicateurs de résultats pour la performance globale du secteur de la santé ;
En encourageant linstauration de partenariats nationaux et internationaux visant à
faire barrage à la tuberculose avec toutes les parties intéressées de la société, y
compris les administrations et organismes publics, le secteur privé de la santé,
lindustrie, les organisations non gouvernementales et la communauté ;
En participant activement à lélaboration et à la mise en uvre qui en
découlera dun accord de partenariat mondial pour faire barrage à la tuberculose
qui favorise un engagement responsable.
V. Nous rendons nos partenaires attentifs à ce qui suit :
Tout en reconnaissant quil incombe en premier chef aux pays touchés de prendre
les mesures nécessaires pour faire des progrès durables dans la lutte contre la
tuberculose, nous attirons lattention sur le fait que cest souvent dans les
pays les plus dépourvus de moyens daction que le problème se pose avec le plus
dacuité, et quil est dans lintérêt de la communauté internationale
de soutenir la lutte contre la tuberculose dans le monde entier ;
Nous nous félicitons de linitiative du Directeur général de lOMS et du
Président de la Banque mondiale qui, en tant que partenaires de linitiative Halte
à la tuberculose, ont convoqué cette conférence et engagé leur organisation à
uvrer avec nos gouvernements pour élaborer et appliquer un accord de partenariat
mondial ;
Grâce à cet accord, les particuliers, les gouvernements, les organisations privées et
les entreprises pourront tous contribuer à mobiliser une plus grande volonté politique
et des ressources financières accrues en vue daccélérer laction nationale
et internationale ;
Conscients de lampleur de la tâche qui nous attend et de limportance
considérable des ressources nécessaires, nous lançons un appel à nos partenaires du
système des Nations Unies qui uvrent pour le développement international, aux
institutions de Bretton Woods, aux organismes bilatéraux, aux organisations non
gouvernementales et aux fondations pour quils consacrent davantage de ressources à
la lutte contre la tuberculose, en tenant compte de la dette des pays bénéficiaires,
afin de :
dresser des plans de développement national qui réservent une place de choix
au développement sanitaire et à la lutte contre la tuberculose, ou les renforcer ;
concevoir de nouvelles approches internationales pour garantir laccès
universel aux médicaments antituberculeux et lexistence de systèmes nationaux
efficaces dacquisition et de distribution de ces médicaments ;
accélérer la recherche fondamentale et opérationnelle pour le développement
et la mise à disposition de nouveaux outils, y compris de produits diagnostiques, de
médicaments et de vaccins, et tenir compte de la nécessité dencourager plus
énergiquement la mise au point de médicaments et de vaccins économiques et
accessibles ;
créer un fonds mondial contre la tuberculose pour mobiliser et investir de
nouvelles ressources qui serviront à financer les activités précitées ;
Nous engageons en outre nos partenaires à ne laisser aucun élément extérieur, y
compris des considérations politiques, des sanctions ou la guerre, compromettre leur
soutien logistique et financier aux programmes.
Conscients du fait que nous représentons les gouvernements de pays où la morbidité
liée à la tuberculose est la plus importante du monde, mais que dautres pays qui
ne sont pas représentés à cette conférence sont confrontés aux mêmes problèmes,
nous engageons nos collègues du monde entier à sassocier à linitiative Halte
à la tuberculose aux côtés de lOMS, de la Banque mondiale et dautres,
pour lancer un nouvel assaut contre la tuberculose dans loptique dune
meilleure santé pour tous au prochain millénaire.
Les 20 pays qui ont adopté la Déclaration dAmsterdam :
Afrique du Sud Bangladesh Brésil Cambodge Chine
Ethiopie Fédération de Russie Inde Indonésie Kenya
Nigéria Ouganda Pakistan Pérou Philippines
République démocratique du Congo République unie de Tanzanie Thaïlande
Viet Nam Zimbabwe
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