Amsterdam Report, French
« La
tuberculose et le développement durable »
Amsterdam, 22-24 mars 2000
Journée mondiale contre la tuberculose
- Conférence ministérielle pour vingt des pays les plus touchés par la tuberculose dans
le monde
- Déclaration dAmsterdam pour faire barrage à la tuberculose adoptée le vendredi
24 mars 2000
- JOURNEE MONDIALE CONTRE LA TUBERCULOSE 24 mars : « Etablir de nouveaux
partenariats pour faire barrage à la tuberculose »
- Conférence accueillie conjointement par le Ministère de la Santé, de la Prévoyance
sociale et des Sports et le Ministère de la Coopération pour le développement des
Pays-Bas, organisée par lOrganisation mondiale de la Santé et la Banque mondiale
Ordre du jour
Mercredi 22 mars 2000
Cérémonie douverture
19h30-20h00
- Remarques de bienvenue : Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général,
Organisation mondiale de la Santé
- Allocution : Mme Eveline Herfkens, Ministre de la Coopération pour le
développement, Pays-Bas
Jeudi 23 mars 2000
Séance 1. Améliorer la santé et catalyser le développement
8h45-8h50
Ouverture de la séance : Mme Clare Short, Présidente de séance, Secrétaire
dEtat pour le Développement international, Royaume-Uni
8h50-9h00
« La lutte antituberculeuse : processus dynamique dans un pays où la charge
de morbidité est faible » Dr Els Borst-Eilers, Ministre de la Santé, de la
Prévoyance sociale et des Sports, Pays-Bas
9h00-9h10
« Face à la menace de la tuberculose : le cas de la ville de New
York » Dr Donna Shalala, Secrétaire, Département de la Santé et des Services
humains, Etats-Unis dAmérique
9h10-9h15
Film vidéo : « La tuberculose et le développement durable »
9h15-9h25
« La lutte antituberculeuse : sa signification pour le
développement » Mme Mieko Nishimizu, Vice-Présidente, Banque mondiale
9h25-9h30
Clôture de la séance, Mme Clare Short, Présidente de séance
Séance 2. Relever les défis
10h00
Ouverture de la séance, Dr David Heymann, Président de séance, Directeur exécutif,
Programme OMS des maladies transmissibles
10h05-10h15
« La tuberculose, le VIH/SIDA et la riposte mondiale », Dr Peter Piot,
Directeur exécutif, ONUSIDA
10h15-10h20
- Film vidéo : « Tuberculose et VIH/SIDA la double
épidémie »
- Table ronde ministérielle Relever les défis
- Exposés : Bangladesh, Kenya, République-Unie de Tanzanie, Vietnam, suivis
dune discussion en plénière
11h45-12h00
Clôture de la séance : Dr David Heymann, Président de séance
Séance 3. Prendre des mesures
13h30
Ouverture de la séance : Dr Ernest Loevinsohn, Président de séance, Directeur
général, Agence canadienne pour le développement international (CIDA)
13h35-13h45
Opportunités, Dr Arata Kochi, Directeur, Initiative Halte à la tuberculose, OMS
13h45-13h55
Témoignage personnel sur la tuberculose, M. Ram Khadka, Katmandou, Népal
13h55-14h00
Film vidéo : « Au service des plus démunis : soins de santé
primaires et lutte antituberculeuse au Pérou »
14h00-14h45
Séance de préparation Déclaration de la conférence, S.E. Korn Dabbaransi,
Président de séance, Ministre de la Santé publique, Thaïlande
14h45-14h50
Clôture de la séance, Dr Ernest Loevinsohn, Président de séance
11h30-12h00
- Séance dadoption : « Déclaration dAmsterdam pour faire
barrage à la tuberculose »
- S.E. Korn Dabbaransi, Président de séance, Premier Ministre adjoint et Ministre de la
Santé publique, Thaïlande
Séance 4. Tables rondes
15h00-16h00
Tables rondes premier tour
- Tous les participants à la Conférence avaient accès aux tables rondes où les
brefs exposés présentés par les pays étaient suivis de discussions de groupe conduites
par un animateur
- Piste financière « Impact socio-économique de la tuberculose et de la
tuberculose/du VIH »
- Président de séance : Dr Peter Piot, Directeur exécutif, ONUSIDA
- Exposés : Inde, Indonésie, Ouganda, Zimbabwe
- Piste sanitaire « Tuberculose et développement des systèmes de santé »
- Président de séance : Mme Satu Hassi, Ministre de lEnvironnement et de la
Coopération pour le développement, Finlande
- Exposés : Cambodge, Chine, Ethiopie, Philippines, Vietnam
16h30-17h30
Tables rondes deuxième tour
- Piste financière « Options pour le financement et la pérennité »
- Président de séance : Dr David Nabarro, Administrateur de projet, Faire reculer
le paludisme, OMS
- Exposés : République démocratique du Congo, Pakistan, Philippines, Fédération
de Russie
- Piste sanitaire « Stratégies pour faire face à la double épidémie »
- Président de séance : Dr Uton Muchtar Rafei, Directeur régional, Bureau
régional de lAsie du Sud-Est, OMS
- Exposés : Afrique du Sud, Thaïlande, Ouganda, Zimbabwe
17h30-18h30
- Groupe de rédaction de la Déclaration
(Inclusion du rapport des tables rondes ministérielles)
Vendredi 24 mars 2000
Séance 5. Investir durablement dans la santé
8h45
Ouverture de la séance : Mme Mieko Nishimizu, Vice-Présidente, Banque mondiale,
Co-présidente de séance
8h50-9h30
- Résumé des tables rondes
- Rapporteurs des tables rondes du jeudi 23 mars
9h30-9h40
- « La tuberculose et le développement durable leçons tirées
dautres programmes de santé »
- Dr William H. Foege, Conseiller principal pour les questions de santé, Fondation Bill
and Melinda Gates
9h40-10h50
- Table ronde ministérielle : « Financement et pérennité »
- Exposés : Brésil, Chine, Inde, Nigeria, suivis dune discussion en
plénière
10h50-11h00
Clôture de la séance : Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général, OMS -
Co-présidente de séance
12h45-13h30
- Conférence de presse et lancement de la Journée mondiale contre la tuberculose 2000
- Séance finale « Etablir de nouveaux partenariats pour faire barrage à la
tuberculose »
- Co-présidée par le Dr Hussein Gezairy Directeur régional, Bureau de la
Méditerranée orientale, OMS et le Dr Barbara Turner Directeur adjoint par
intérim, USAID
13h30
- Ouverture de la séance
- Dr Hussein Gezairy Directeur régional, Bureau de la Méditerranée orientale,
OMS Co-président de séance
13h35-13h45
« Tuberculose les femmes et les enfants ne peuvent plus attendre »
M. André Roberfroid, Directeur exécutif adjoint, UNICEF
13h45-13h50
- « Etablir de nouveaux partenariats pour faire barrage à la tuberculose »
- Dr James Orbinski, Président international, Médecins Sans Frontières (MSF)
13h50-14h50
Table ronde ministérielle « Partenariats pour laction »
Exposés : République démocratique du Congo, Indonésie, Nigeria suivis
dune discussion en plénière
14h50-15h05
Allocution finale « Etablir de nouveaux partenairats pour faire barrage à la
tuberculose : un impératif pour le développement », Dr Gro Harlem Brundtland,
Directeur général, OMS
15h05 Clôture de la Conférence
Remerciements
Les organisateurs remercient le Dr Els Borst-Eilers, Ministre de la Santé, de la
Prévoyance sociale et des Sports, Pays-Bas et Mme Eveline Herfkens, Ministre de la
Coopération pour le développement, Ministère des Affaires étrangères, Pays-Bas, qui
ont accueilli conjointement la Conférence.
Ils expriment leur gratitude à Son Excellence Korn Dabbaransi, Premier Ministre
adjoint et Ministre de la Santé publique, Thaïlande qui a présidé avec beaucoup de
compétence les séances de préparation et dadoption de la Déclaration
dAmsterdam pour faire barrage à la tuberculose.
Ils sont reconnaissants de leur contribution aux délégations nationales, aux
représentants des gouvernements et aux organismes gouvernementaux, aux organisations
internationales et aux autres participants.
Ils remercient la Fondation DIP de sa contribution en nature.
La Conférence a été organisée par lOrganisation mondiale de la Santé et la
Banque mondiale.
Ils remercient léquipe de Halte à la tuberculose de ses analyses et
observations précieuses.
Administrateur du projet : Heidi Larson
Auteur : Lindsay Knight
Rédacteur : Karen Reynolds
Graphiste : Anne Guilloux
Préface
La tuberculose est une urgence mondiale pour la santé publique. Faute dune
action mondiale concertée, elle pourrait être excessivement meurtrière dans certains
des pays les plus pauvres du monde. Les hauts responsables qui participaient à la
Conférence ministérielle dAmsterdam ont témoigné de leur détermination
collective à prendre des mesures et à agir MAINTENANT. Les partenaires de
lInitiative Halte à la tuberculose et les 20 pays les plus touchés par la
tuberculose représentés à la Conférence ont parlé en termes convainquants de la
nécessité dassurer un financement durable, de mobiliser des ressources et
détablir des partenariats pour mettre fin à cette menace mondiale et empêcher ses
conséquences sociales et économiques dévastatrices.
Les objectifs de la Conférence étaient énoncés dans son thème, la tuberculose et
le développement durable : inscrire en priorité des mesures antituberculeuses
efficaces dans le programme politique et substituer à lapproche purement technique,
limitée au secteur de la santé, une approche intersectorielle qui place la tuberculose
dans la perspective du développement durable. Les sombres statistiques relatives à la
tuberculose ne sont que trop connues deux millions de décès et huit millions de
nouveaux cas chaque année ; le fléau de la double épidémie de VIH/tuberculose et
le spectre de la tuberculose polychimiorésistante. La bonne nouvelle est elle aussi
connue il existe une stratégie thérapeutique performante du nom de DOTS qui
assure des taux de guérison élevés. Actuellement, cependant, la stratégie DOTS ne
couvre que 25% environ des malades atteints de tuberculose, ce qui signifie que des
centaines de milliers de décès pourraient encore être évités chaque année.
La Conférence a été loccasion pour les délégués danalyser les
obstacles auxquels se heurtent les pays et qui empêchent de lutter efficacement contre la
tuberculose dans le monde. Elle a permis aux ministres et aux responsables des organismes
donateurs présents de traiter des problèmes du financement et de la pérennité. Les
poignants récits personnels et les exposés de pays ont attesté des terribles tragédies
imputables à la tuberculose. Mais nous avons aussi entendu décrire les acquis importants
dus à la stratégie DOTS, les taux de guérison élevés et loptimisme quelle
suscite, à condition toutefois que la lutte antituberculeuse bénéficie de niveaux
suffisants de financement et de soutien.
La Déclaration dAmsterdam pour faire barrage à la tuberculose est une source
importante despoir et doptimisme. Par cette Déclaration, les 20 pays
sérieusement touchés se sont engagés à accélérer laction contre la tuberculose
et à renforcer lInitiative Halte à la tuberculose. Nous nous félicitons de cette
détermination et, dans la foulée de la Conférence, nous appuierons les actions
décrites dans la Déclaration. Si nous adhérons à notre objectif et à notre idéal
communs, nous pouvons venir à bout de ce fléau. Ensemble, nous pouvons barrer la route
à la tuberculose.
Dr Arata Kochi
Directeur, Initiative Halte à la tuberculose
Liste des participants
Delegations des 20 pays gravement touches par la tuberculose
Bangladesh
Brésil
Cambodge
Chine
République démocratique du Congo
Ethiopie
Inde
Indonésie
Kenya
Nigéria
Pakistan
Pérou
Philippines
Fédération de Russie
Afrique du Sud
Tanzanie
Thaïlande
Ouganda
Vietnam
Zimbabwe
Représentants des gouvernements et organismes gouvernementaux
Allemagne Kreditanstalt für Wiederaufbau (KFW), Banque allemande pour le
développement
Australie Agence australienne pour le développement international (AUSAID)
Belgique Cabinet de la Coopération pour le Développement
Canada Agence canadienne pour le Développement international (CIDA)
Etats-Unis dAmérique Département de la santé et des services
humains, Centers for Disease Control and Prevention (CDC)
- Agence des Etats-Unis pour le Développement international (USAID)
- Département dEtat des Etats-Unis dAmérique
Finlande Ministère des Affaires étrangères, Ministère des Affaires
sociales et de la Santé
France Ministère de lEmploi et de la Solidarité, Ministère des
Affaires étrangères
Irlande Ministère des Affaires étrangères
Japon Ministère de la Santé et de la prévoyance sociale
Luxembourg Service national des Maladies infectieuses, Ministre
plénipotentiaire
Pays-Bas Ministère de la Santé, de la Prévoyance sociale et des Sports,
Ministère des Affaires étrangères
- Institut national de la santé publique et de la protection de lenvironnement
(RIVM)
- Ambassade des Pays-Bas à Hanoï
- Ambassade des Pays-Bas à Dar es Salaam
Royaume-Uni Département du Développement international
Suède Agence suédoise de coopération pour le développement international
(SIDA)
Organisations
- American Lung Association (ALA)
- American Thoracic Society (ATS)
- Gates Foundation
- Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
- Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
(FICR)
- Association internationale de pédiatrie (IPA)
- Union internationale contre la tuberculose et les maladies pulmonaires
- Royal Tropical Institute (KIT)
- Royal Netherlands Tuberculosis Association (KNCV)
- Medical Committee Netherlands (MCN)
- Médecins Sans Frontières (MSF)
- Open Society Institute (OSI)
- Public Health Research Institute (PHRI)
- Partners in Health (PIH)
- Rockefeller Foundation
- TB-NET
- Programme commun des Nations Unies pour le VIH/SIDA (ONUSIDA)
- Fonds des Nations Unies pour lEnfance (UNICEF)
- Organisation mondiale de la Santé (OMS)
- Banque mondiale
Cérémonie douverture
Début des travaux
Le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de lOrganisation
mondiale de la Santé (OMS), et Mme Eveline Herfkens, Ministre de la Coopération pour le
développement des Pays Bas ont ouvert la Conférence par des remarques de bienvenue.
Lune et lautre ont instamment invité les participants à tirer parti de
loccasion offerte par cette conférence.
Le Dr Brundtland
Certaines occasions offrent des opportunités uniques de changement. Il
faut les saisir quand elles se présentent. Sinon, des années peuvent passer sans que
lopportunité se représente ; et elle peut ne jamais se représenter. Cette
conférence est loccasion dopérer des changements. Nous devons en tirer le
meilleur parti possible. Souvenons-nous : cette région du monde, où nous nous
trouvons, a été la proie de la tuberculose aux XVIII et XIXèmes siècles. Ce
fléau a emporté des familles entières et laissé de nombreuses personnes seules après
le décès du conjoint, des parents, des frères ou des surs.
Avec la mise au point de nouveaux médicaments antituberculeux et
lamélioration des conditions due au développement socio-économique, la
tuberculose est sortie des esprits. Nous pensions avoir vaincu la tuberculose elle
appartiendrait bientôt au passé. Mais aujourdhui, nous sommes face à une
épidémie mondiale qui fait plus de victimes que jamais dans lhistoire. Cette
semaine en témoignera. Elle sera loccasion de faire la lumière sur la gravité de
lépidémie qui se poursuit, et dorganiser notre riposte collective.
Madame le Ministre Eveline Herfkens
La réussite de cette conférence dépendra du rang de priorité
politique accordé dans vos pays aux investissements en faveur du développement humain et
de la santé. ... La lutte antituberculeuse ne peut être dissociée de la politique de
santé générale dun pays. Les programmes antituberculeux ne fonctionneront pas
ou ils seront beaucoup moins efficaces dans les pays qui nont pas un
niveau satisfaisant de soins de santé de base. Ils ont besoin, pour aboutir, de systèmes
de soins de santé forts. Je suis fermement convaincue quune approche sectorielle
favorisera une meilleure pérennité des programmes antituberculeux, et une couverture
sensiblement accrue.
Je crois aussi quune telle approche relèvera le niveau général
des politiques de soins de santé. Je suis contre le cloisonnement mais pour la cohésion
dont les programmes antituberculeux et le reste du secteur de la santé retireront des
avantages réciproques. J'espère sincèrement que cette conférence renforcera le
partenariat mondial destiné à faire barrage à la tuberculose.
Séance 1. Améliorer la santé et catalyser le développement
La première séance a confirmé les liens entre la tuberculose et le
développement, et entre la maladie et la pauvreté, et elle a souligné le rôle
catalytique de lamélioration de la santé sur le développement.
La tuberculose affecte les plus démunis dans le monde chaque
année 95% des nouveaux cas de tuberculose sont enregistrés dans les pays en
développement et la maladie les appauvrit plus encore. Ils sont incapables de
travailler lorsquils sont malades et leur famille doit souvent vendre le peu
quelle possède pour payer les soins. Les recherches faites par la Banque mondiale
sur 60 000 personnes démunies dans 60 pays confirment que la sécurité personnelle,
spécialement labsence de maladie, est ce qui manque le plus aux pauvres pour que
leur vie mérite dêtre vécue. Des maladies telles que la tuberculose et
lassociation mortelle tuberculose-VIH/SIDA empêchent les gens de sortir du
dénuement, renforçant le cercle infernal de la pauvreté. Lamélioration de la
santé par une lutte antituberculeuse efficace favorise le développement dun pays.
La lutte antituberculeuse va dans le sens du développement
Les délégués ont été invités à se souvenir des leçons tirées
de la lutte antituberculeuse aux Pays-Bas et à New York. Dans ces deux endroits, une fois
la tuberculose maîtrisée, les services et les ressources pour le traitement de la
maladie ont été supprimés. On pensait que la tuberculose pouvait être reléguée dans
les livres dhistoire. Contrairement à ce que lon pensait, la tuberculose a
persisté.
Aux Pays-Bas, la tuberculose sest manifestée à nouveau dans les
communautés défavorisées - sans-abri et personnes de moindre résistance comme les
personnes infectées par le VIH. Aujourdhui, la lutte antituberculeuse fait partie
intégrante du système de soins de santé néerlandais.
A New York entre 1979 et 1992, le nombre des malades atteints de
tuberculose a triplé et le pourcentage des malades atteints de tuberculose
polychimiorésistante a plus que doublé. La ville a alloué les ressources financières
et humaines nécessaires et a conçu un plan de lutte antituberculeuse complet et
intégré, et elle est en train de gagner la bataille contre la tuberculose. Lun des
éléments déterminants du programme est lutilisation du « traitement sous
surveillance directe » dans le cadre duquel des agents des services extérieurs
rendent visite aux malades chez eux ou sur leur lieu de travail, dans la rue, les foyers
pour sans-abri et les stations de métro. Aujourdhui, à new York, la tuberculose
continue de régresser.
La lutte mondiale contre la tuberculose accuse des années
dindifférence et dinaction. Aucun nouveau médicament antituberculeux n'a
été découvert depuis 30 ans. Aucun vaccin ne protège réellement contre les infections
pulmonaires. Il est important dinvestir durgence dans lélaboration de
meilleurs outils tests diagnostiques, médicaments, vaccins pour garantir
lélimination définitive de la tuberculose. Les orateurs ont insisté sur
lurgence du problème et la nécessité de prendre des mesures dès MAINTENANT pour
appliquer sur une grande échelle les mesures déjà connues. Faute de cela, le monde
vivra sous la menace croissante de la tuberculose pharmacorésistante et d'une épidémie
potentiellement incurable.
Les orateurs insistent sur lurgence : « Cest maintenant que nous
devons agir ! » Action en 6 points
Le Dr Donna E. Shalala, Secrétaire à la Santé et aux Services humains, Département
de la Santé et des Services humains, Etats-Unis dAmérique
Agir maintenant pour éviter à lavenir une épidémie plus grave et plus
dangereuse.
Instaurer des programmes de lutte antituberculeuse complets et responsables :
labsence de coordination aggrave le problème.
Engager des ressources suffisantes, assorties de la volonté politique et sociale
nécessaire.
Sengager à soutenir la recherche de nouveaux moyens diagnostiques, y compris un
test plus rapide pour la tuberculose polychimiorésistante, de nouveaux médicaments
permettant de réduire la durée du traitement et un vaccin antituberculeux.
Eliminer les conditions sociales et économiques médiocres qui permettent à la
tuberculose de perdurer et de sépanouir.
Collaborer en instaurant des partenariats mondiaux.
The Honourable Clare Short, Secrétaire dEtat pour le Développement
international, Royaume-Uni
« Nous pouvons faire en sorte que cette conférence marque un
tournant en élaborant des stratégies visant à assurer un financement durable, la
mobilisation de ressources et létablissement de partenariats. Et, de retour dans
nos pays, en les mettant en pratique. Des mesures contre la tuberculose, des mesures
contre la pauvreté. Nous avons la possibilité de jeter la tuberculose aux oubliettes.
Faisons-le. »
Le Dr Els Borst-Eilers, Ministre de la Santé, de la Prévoyance et des Sports,
Pays-Bas
« La lutte contre la tuberculose est un processus dynamique
quil convient dajuster en permanence. A l'instant où vous croyez pouvoir
marquer une pause, la tuberculose resurgit brusquement. »
Le Dr Donna E. Shalala, Secrétaire à la Santé et aux Services humains, Etats-Unis
dAmérique
« La tuberculose mine le corps et lesprit. Elle entrave le
développement économique. Elle maintient les pauvres dans les griffes de la pauvreté et
de la maladie. Et aucun de nos pays au nord ou au sud, à lest ou à
louest - nest à labri de sa menace. »
Mme Mieko Nishimizu, Vce-présidente, Banque mondiale
« Les dépenses de santé pour combattre de telles épidémies
obligeront à de très difficiles compromis dans les finances publiques. Jen tremble
chaque fois que jexamine ces projections financières. Les économistes, dont je
fais partie, ne sont pas doués pour les compromis impossibles, contraires à
léthique. Je ne souhaite à personne dêtre devant un tel dilemme, surtout
pas aux responsables politiques des pays en développement. Mais ce sera la réalité un
jour si nous nagissons pas dès maintenant. »
Séance 2. Relever les défis
La deuxième séance a été consacrée à lexamen de la tuberculose dans
le contexte dautres maladies infectieuses et à la façon dont le Bangladesh,
le Kenya, la République-Unie de Tanzanie et le Vietnam ont réussi à faire face à
lépidémie et à surmonter des difficultés particulières. Les quatre pays ont
engagé des ressources financières et humaines considérables contre la tuberculose.
Cette réussite est attribuée à la détermination politique et aux partenariats conclus
avec des ONG, le secteur privé et des organismes internationaux.
Limportance de l'éducation de la communauté sur la tuberculose
et la stratégie DOTS a été soulignée dans les débats.
En Afrique du Sud, des responsables de la santé effectuent des
« semaines de focalisation » dans la communauté, des textes sur la
tuberculose sont traduits dans les langues locales et il existe un programme de
sensibilisation et déducation communautaire.
Le Pakistan reconnaît que léducation communautaire dans le pays
doit viser à mettre fin à lhostilité sociale dirigée contre les malades.
Lostracisme est surtout marqué dans les pays les plus touchés par la tuberculose
et il retient les gens de solliciter un diagnostic.
La tuberculose en chiffres
La tuberculose est la cause de 54 millions de décès par an dans le
monde. Dans les pays à faible revenu, 45% des décès sont dus à des maladies
infectieuses, tuberculose comprise. Les décès prématurés dus aux maladies infectieuses
dans le monde représentent 48%, six dentre elles étant responsables de 90% de ces
décès : infections respiratoires aiguës, tuberculose, SIDA, maladies
diarrhéiques, paludisme et rougeole. Ce chiffre varie considérablement selon les
régions. Aux Etats-Unis dAmérique il avoisine 10% tandis quen Afrique
subsaharienne il atteint 60%. La lutte contre la tuberculose passe impérativement par
linstauration de partenariats entre pays à haute et à faible prévalence.
Tuberculose et VIH/SIDA
L accélération alarmante de laugmentation du nombre des
cas de tuberculose due au VIH/SIDA contenait en germe la double épidémie mortelle. Sur
les 2,3 millions de décès imputables au SIDA chaque année, un demi million est
attribué à la tuberculose. Le SIDA ravage des parties entières de lAfrique,
laissant des orphelins et des communautés indigentes. Lépidémie devient
rapidement plus dévastatrice que la guerre : elle menace désormais la sécurité
humaine internationale.
Tuberculose polychimiorésistante
Lune des principales difficultés pour la lutte antituberculeuse
est lémergence de la tuberculose polychimiorésistante. Les tendances sont
alarmantes et le traitement de cette forme de la maladie coûte cent fois plus cher que
celui de la tuberculose ordinaire. Les orateurs ont reconnu que la tuberculose
polychimiorésistante est une urgence pour la santé publique et qu'une action
internationale rapide, y compris des recherches, s'impose. La tuberculose
polychimiorésistante a été imputée à la mauvaise gestion des programmes
antituberculeux. Plusieurs délégués ont évoqué le problème de la tuberculose
pharmacorésistante dans leur pays. A Tomsk, Fédération de Russie, par exemple, 30% des
malades atteints de tuberculose présentent la forme polychimiorésistante de la maladie.
La mondialisation, en particulier les voyages internationaux et les migrations, favorise
la propagation de la tuberculose et de la tuberculose polychimiorésistante.
« Dans les pays qui font preuve dun solide engagement
politique et dune réelle ouverture concernant les problèmes, où la participation
active de la communauté va de pair avec des mesures plurisectorielles de grande
envergure, la situation change et des progrès réels sont enregistrés. »
Le Dr Peter Piot, Directeur exécutif, ONUSIDA, Genève
3 messages
Peter Piot, Directeur exécutif, ONUSIDA, Genève
- Toute action capable de faire barrage à lépidémie de VIH arrêtera aussi la
tuberculose.
- Pour faire barrage à la tuberculose, nous devons dépasser la stratégie DOTS.
- Le VIH et la tuberculose ne doivent pas être des priorités concurrentes
l'établissement de partenariats est essentiel.
Table ronde ministérielle
Bangladesh
Le Bangladesh a réalisé une couverture par la stratégie DOTS de 90%. Le Gouvernement
sest engagé à lutter contre la tuberculose en établissant des partenariats avec
le secteur privé, des ONG et des organisations internationales telles que la Banque
mondiale. Il lui reste à étendre la couverture par la stratégie DOTS aux grandes villes
et aux populations isolées, aux femmes et aux personnes les plus démunies.
Relever le défi de la tuberculose :
Le Gouvernement et des ONG partenaires pour la stratégie DOTS
- La stratégie DOTS rapidement étendue
- Modernisation des ressources
- Renforcement des capacités
République-Unie de Tanzanie
La République-Unie de Tanzanie a adopté la stratégie DOTS dès 1977.
Des taux de guérison supérieurs à 80% ont été obtenus, avec une faible
pharmacorésistance. Sa réussite tient à la ferme détermination du Gouvernement, à sa
collaboration étroite avec les bailleurs de fonds et à lintégration des services
de lutte antituberculeuse. Depuis 1982, le nombre des cas de tuberculose a quadruplé sous
leffet du VIH. Il sen est suivi une charge de travail excessive pour le
secteur de la santé et une plus grande difficulté daccès aux services
antituberculeux. La difficulté consiste à renforcer et à maintenir la stratégie DOTS
malgré les graves effets de lépidémie de VIH/SIDA.
La clef du succès
- Engagement ferme du Gouvernement
- Collaboration avec les bailleurs de fonds
- Intégration de la lutte antituberculeuse nationale dans les centres de prestation
des services
- Fiabilité des approvisionnements en médicaments depuis 1983
- Personnels qualifiés à tous les niveaux
- Moyens de transport disponibles à tous les niveaux
- Système fonctionnel denregistrement, de déclaration et de surveillance
- Solide appui technique national et régional
Vietnam
Le Vietnam a été le premier pays dAsie, en 1989, à adopter un
programme pilote DOTS. En 1997, la stratégie DOTS avait été étendue à lensemble
du pays (96%) et les cibles mondiales (taux de dépistage > 70% et taux de guérison
> 85%) avaient été atteintes. Un engagement politique fort, la pleine intégration
des services antituberculeux et un solide soutien international ont assuré sa réussite.
Les principales difficultés sont la menace croissante du VIH/SIDA et lexpansion de
la stratégie DOTS dans les zones reculées et montagneuses et dans les groupes
vulnérables.
Raisons du succès :
- Solide engagement politique
- Vaste réseau de santé fonctionnel
- Complète intégration de la lutte antituberculeuse
- Mise en oeuvre nationale de la stratégie DOTS
- Soutien international solide et efficace
Kenya
Le Kenya sest doté en 1980 dun programme national de lutte
contre la tuberculose et contre la lèpre. Les services aux malades atteints de
tuberculose dispensés dans les établissements publics sont gratuits. Le Gouvernement
reconnaît la lutte antilépreuse comme un bien public. Ces services sont cependant
menacés par lépidémie de tuberculose qui ne cesse de croître depuis dix ans sous
l'effet du VIH/SIDA : augmentation de 500% des cas de tuberculose dépistés entre
1987 et 1998. Laugmentation la plus sensible concerne le groupe dâge le plus
productif (15-49 ans). Entre autres gageures figurent la mise au point dune
stratégie de lutte mixte contre le VIH/SIDA et la tuberculose et la participation accrue
des dispensateurs de soins communautaires.
Succès et leçons
- Réalisation de la couverture nationale par la stratégie DOTS
- La qualité des services a permis de gagner la confiance des usagers
- Instauration dune coalition avec le programme de lutte contre le SIDA pour
renforcer la lutte contre le VIH et la tuberculose
- Utilisation efficace du soutien international
- Rôle dynamique dans la réforme du secteur de la santé
- Partenariats établis depuis 20 ans
Séance 3. Prendre des mesures
La troisième séance a été axée sur les mesures mondiales possibles
pour faire barrage à la tuberculose. Le Dr Arata Kochi, Directeur de lInitiative
Halte à la tuberculose, a proposé trois initiatives pour accélérer laction
visant à éliminer la tuberculose : le plan dinvestissement mondial, le fond
pharmaceutique mondial et laccord de partenariat mondial. Le projet de Déclaration
dAmsterdam pour faire barrage à la tuberculose a été soumis à l'examen des
délégués par Son Excellence Korn Dabbaransi, Premier Ministre adjoint et Ministre de la
Santé publique, Thaïlande.
Les principales questions soulevées dans la discussion sur le projet
de Déclaration ont inclus le manque dempressement des compagnies pharmaceutiques à
mettre au point de nouveaux médicaments antituberculeux ; lappel en
faveur de laccès à des médicaments peu coûteux ; le problème des pays
pauvres face au prix élevé du traitement de la tuberculose polychimiorésistante ;
lincapacité de certains pays endettés à financer la lutte antituberculeuse ;
et lurgence de la mise au point dun vaccin.
Le rôle dune lutte antituberculeuse efficace dans le
renforcement des systèmes de santé et le développement durable a aussi été mis en
lumière et les conséquences de la médiocrité de la lutte antituberculose ont été
abordées, en particulier le risque dune augmentation de la pharmacorésistance là
où les programmes antituberculeux sont inefficaces.
Lélargissement de la couverture de la stratégie DOTS nécessite
la substitution dune intervention sanitaire purement technique par une action
plurisectorielle engageant les responsables politiques et la société civile.
Témoignage personnel
Ram Khadka, enseignant à Katmandou, a donné un témoignage personnel
sur le malheur causé par la tuberculose. Ses parents sont morts de la tuberculose. Sa
mère a développé une tuberculose polychimiorésistante au bout de six ans de traitement
inefficace. M. Khadka a développé la tuberculose alors que sa femme était encore en vie
et il a commencé le traitement DOTS un mois avant quelle ne meure. M. Khadka a
rappelé aux délégués que « bien que ce soit là un problème ancien, nous ne
sommes toujours pas en mesure déradiquer cet immense problème mondial.
Lhistoire nous dit que cette maladie a fait de trop nombreuses victimes et la
situation devient plus grave de jour en jour en raison du VIH et de la tuberculose
polychimiorésistante. » M. Khadka a appelé les gouvernements du monde entier à
travailler ensemble à lélimination de la tuberculose, sinon « la vie sur
cette terre deviendra bientôt infernale. »
« Les organisateurs, les gouvernements, les ONG et lOMS,
qui travaillent ensemble à léradication de la tuberculose, doivent associer des
gens comme nous qui ont fait la sinistre expérience de la tuberculose. La participation
de personnels techniques ne suffira pas pour résoudre le problème. Il est important de
modifier lattitude des gens. Ils doivent comprendre que la tuberuclose peut être
guérie. Nous le savons parce que nous en avons été victimes. »
M. Ram Khadka, Katmandou, témoignage personnel
La mission de lInititative Halte à la tuberculose
La mission de Halte à la tuberculose est de faire en sorte que toutes
les personnes atteintes de tuberculose disposent de toutes les informations nécessaires
et aient accès au traitement et à la guérison ; de protéger les populations
vulnérables de la tuberculose et de la tuberculose polychimiorésistante ; et de
prévenir les conséquences sociales et économiques inutiles de la tuberculose.
Opportunités de lutte antituberculeuse
Arata Kochi, Directeur de lInitiative Halte à la tuberculose :
« Pourquoi la tuberculose ? »
- Charge massive de morbidité
- Incidences sociales et économiques dévastatrices
- Une stratégie performante existe
- Rôle catalytique précieux dans le développement sanitaire
- La lutte antituberculeuse en tant que bien public international
- Urgence due au VIH/SIDA et à la tuberculose polychimiorésistante
- Applicable même là où les ressources sont restreintes
Initiatives
- Plan dinvestissement mondial
Comment investir pour mobiliser des ressources nouvelles importantes et des
partenaires.
- Système pharmaceutique mondial
Mécanisme destiné à assurer un accès équitable et fiable aux médicaments
antituberculeux à tous ceux qui en ont besoin.
- Accord de partenariat mondial
Moyen de rendre opérationnelle la Déclaration dAmsterdam pour faire barrage à
la tuberculose par un partenariat mondial et national élargi.
Séance 4 : Filière financière
Les tables rondes sur les questions financières de la quatrième
séance ont traité de limpact socio-économique de la tuberculose et de la
tuberculose/du VIH, et des options pour le financement et la pérennité avec des
exposés de pays à lappui.
Premier tour : Impact socio-économique de la tuberculose et de la tuberculose/du
VIH
Inde
LInde supporte le tiers du fardeau mondial de la morbidité due
à la tuberculose, qui touche le groupe dâge le plus productif (15-49 ans). La
tuberculose fait plus de victimes chez les femmes que toutes les autres causes de
mortalité maternelle en Inde. Le discrédit social associé à la maladie aggrave la
situation. LInde reconnaît que toute initiative de lutte antituberculeuse doit
être mise en uvre en liaison avec des programmes visant à éliminer la pauvreté.
En 1993, le programme national révisé de lutte antituberculeuse fondé sur la stratégie
DOTS a été lancé à titre expérimental et renforcé en 1997. Des ressources ont été
spécialement engagées et 130 millions de personnes sont maintenant traitées
gratuitement.
Indonésie
LIndonésie ne sest pas encore débarrassée de
lhéritage de pauvreté que lui a valu la crise financière qui a frappé
lAsie en 1997. En 1996, la Banque mondiale estimait que la tuberculose était
responsable de 7,7% de la charge totale de morbidité du pays. Environ 75% des cas
appartiennent au groupe dâge économiquement actif de 15-54 ans. Quelque 60% des
cas de tuberculose concernent les personnes démunies et peu instruites. LIndonésie
a adopté la stratégie DOTS en 1990. Le but de la stratégie est une couverture de 70%
dans les cinq ans ; 51% seulement des dispensaires appliquent actuellement la
stratégie DOTS. Malgré les difficultés économiques, la lutte antituberculeuse est
reconnue comme déterminante pour éviter des problèmes plus difficiles et plus coûteux
encore à lavenir.
Ouganda
LOuganda subit depuis quinze ans les conséquences
socio-économiques dramatiques de la double épidémie de tuberculose/VIH. La moitié des
malades atteints de tuberculose sont aussi infectés par le VIH. Lespérance de vie
baisse régulièrement depuis le début de lépidémie de VIH/SIDA. Les effets
socio-économiques de la double épidémie sur les foyers et les communautés sont les
suivants :
- Diminution des effectifs de main-doeuvre
- Disparition de travailleurs qualifiés
- Accroissement du nombre des orphelins
- Perte de temps de scolarité
- Perte de temps de travail entraînant une baisse des revenus et une réduction de la
production alimentaire
- Coût financier élevé de la maladie et des inhumations pour les familles
- Perte des moyens de subsistance et désespoir après la mort du principal salarié.
Zimbabwe
Le Zimbabwe a lun des taux dinfection à VIH les plus
élevés du monde. Les épidémies de tuberculose et de VIH ont contribué à faire
baisser le taux de croissance moyen et le PIB par habitant. Le service de la dette
représente plus de quatre fois les dépenses de santé et déducation. Environ 41%
de la population vivent avec moins de 1 dollar par jour. Les familles élargies qui
veillaient autrefois sur les orphelins ne sont plus en mesure d'absorber les coûts. Des
ressources, sinon disponibles pour des investissements, sont maintenant utilisées pour
les soins de santé et la prévoyance sociale, notamment pour les orphelins. En
labsence de soutien aux orphelins, on observe une montée du phénomène des enfants
des rues dans les grandes villes. Lespérance de vie a baissé de 17 ans,
spécialement dans les groupes les plus actifs socialement et économiquement.
Des informations sur les pays et des indicateurs supplémentaires
figurent dans les profiles de pays (WHO/CDS/STB/2000.3) établis pour la Conférence ou à
ladresse www.stoptb.org
Deuxième tour : Options pour le financement et la pérennité
République démocratique du Congo
Malgré la guerre, la République démocratique du Congo a réalisé
une couverture de 70% par la stratégie DOTS. La lutte antituberculeuse est assurée à
partir de 306 centres de santé répartis dans le pays. Les personnels des centres de
santé bénéficient dune éducation continue. LEglise catholique est
lun des partenaires de cette activité. Les principaux obstacles à la lutte
antituberculeuse sont le service de la dette, les épidémies et la guerre. Le financement
est assuré à 70% environ par des bailleurs de fonds. Le pays reconnaît quil est
nécessaire de mobiliser des partenariats intersectoriels et dobtenir une
augmentation constante et régulière des fonds publics consacrés à la lutte
antituberculeuse.
Pakistan
Le Pakistan se situe au cinquième rang dans le monde pour la charge de
morbidité due à la tuberculose, responsable denviron 26% de tous les décès
évitables chez les adultes. La stratégie DOTS ne couvre que 8% des malades atteints de
tuberculose. Le Pakistan projette de mettre en uvre un programme massif de
réduction de la pauvreté. Lalphabétisation, spécialement parmi les femmes,
améliorera sensiblement lefficacité du programme de lutte contre la tuberculose.
Le programme repose sur deux principes directeurs : auto-suffisance grâce à des
crédits publics réguliers et pérennité grâce à lintégration des programmes
dans les services de santé généraux. Le Gouvernement sest engagé à lutter
efficacement contre la tuberculose et il est prévu détendre la stratégie DOTS à
lensemble du pays. Toutes les provinces ont alloué des fonds à la lutte
antituberculeuse pour le présent exercice.
Philippines
Les Philippines ont besoin dau moins 60 millions de dollars
pendant ces quatre prochaines années pour réduire la tuberculose. Les médicaments
antituberculeux représentent une dépense importante. Bien que le programme national de
lutte contre la tuberculose prévoie la gratuité des médicaments pour tous les cas
infectieux, les ressources disponibles nont pas permis de soutenir cette politique
jusquen lan 2000. Un budget pluri-annuel a maintenant été proposé pour la
tuberculose jusquen 2003. Il est également prévu détendre
lassurance-maladie. Le régime actuel ne couvre que lhospitalisation des
malades atteints de tuberculose ; linclusion du diagnostic et du traitement
antituberculeux en externe est cependant à lessai pour les plus démunis. Des
efforts sont faits pour réduire le prix des médicaments et réformer le système
dapprovisionnement. Il reste encore à trouver les moyens nécessaires pour financer
les mesures de lutte contre la tuberculose chez les enfants et contre la tuberculose
polychimiorésistante.
Fédération de Russie
Le Gouvernement soutient la lutte contre la tuberculose depuis 1910 et
y a consacré des ressources considérables. Depuis 1992, cependant, lincidence de
la tuberculose a sensiblement augmenté, et une importante épidémie sest propagée
dans les prisons. Cette augmentation tient principalement à la détérioration rapide de
la situation sociale et économique, y compris lafflux de réfugiés. Le système de
santé général sest gravement détérioré. Des ressources financières
supplémentaires sont nécessaires pour former les médecins et le public en général,
surveiller lincidence de la tuberculose, améliorer les services de diagnostic et
acheter des médicaments antituberculeux.
Séance 4 : Piste sanitaire
Les tables rondes sur les questions de santé de la quatrième séance ont porté
sur la tuberculose et le développement des systèmes de santé et sur les stratégies
propres à combattre la double épidémie de tuberculose et de tuberculose/VIH avec
des exposés de pays à lappui.
Premier tour : La tuberculose et le développement des systèmes de santé
Cambodge
Malgré des années disolement et de conflit, le Cambodge a
adopté la stratégie DOTS en 1994 et il a obtenu des taux de réussite thérapeutique de
92%. En raison de labsence dinfrastructures sanitaires consécutive à des
années disolement, ce sont des services de lutte antituberculeuse verticaux qui ont
été mis en place. La réforme en cours du secteur de la santé vise à créer un réseau
de centres de santé gérés par des agents de santé polyvalents. Un programme pilote
« DOTS dans les centres de santé » commencé en septembre 1999 intègre les
services de lutte antituberculeuse existants. La réforme du secteur de la santé et
lintégration des services antituberculeux sont devenus plus importants encore du
fait de laugmentation des taux de VIH qui, en 1999, a entraîné une hausse de 14%
des cas de tuberculose.
Vietnam
Le Vietnam a atteint les cibles mondiales de lOMS pour la
couverture nationale par la stratégie DOTS et les taux de guérison de la tuberculose.
Lun des principaux facteurs favorables est lexistence dun réseau
fonctionnel de services de santé. Chaque commune est dotée dun centre de santé
pourvu de personnel dévoué et qualifié.
Le soutien actif des comunautés, des organisations de femmes et
dagriculteurs et des comités populaires a joué un rôle important dans la
promotion de la stratégie DOTS. Un prêt de la Banque mondiale dans le cadre du projet de
soutien au secteur de la santé a permis de renforcer les centres de santé de commune et
de district, y compris les programmes de lutte antituberculeuse dans 19 provinces. Le
Gouvernement sest engagé à assurer légalité sociale des soins de santé et
des services de base sont assurés aux plus démunis. Il reste à atteindre les minorités
et les groupes les plus défavorisés. Des projets pilotes visant à développer
limplantation locale de la stratégie DOTS dans les zones montagneuses et
éloignées et la collaboration étroite avec le secteur privé et les ONG aideront à
améliorer encore la prestation des services de santé et le système de santé du pays
dans son ensemble.
Ethiopie
Le programme de développement du secteur de la santé en Ethiopie a
été lancé il y a cinq ans et il vise à mettre en place un système de santé sectoriel
et intégré complet, axé sur la santé de la famille et la prévention des maladies
transmissibles. Le programme de lutte antituberculeuse vise en particulier à dispenser
une formation à la gestion pour permettre aus systèmes dinformation dassurer
un approvisionnement continu en médicaments et davantage de services de qualité tels que
la microscopie, reconnus par lEthiopie comme indispensables à la pérennité du
système de santé et à lefficacité de la lutte antituberculeuse.
Limportance de lengagement du Gouvernement et dune coordination efficace
entre les pouvoirs publics et avec les bailleurs de fonds et les partenaires est reconnue.
La gageure est de maintenir le processus de décentralisation tout en coordonnant et en
intégrant les activités.
Philippines
La présente administration philippine a été élue pour son programme
en faveur des pauvres, qui incluait un ambitieux programme de réforme du secteur de la
santé. Un mémorandum présidentiel signé en 1998 a fait de la lutte antituberculeuse
une priorité nationale. Les réformes du secteur public de la santé appuient le
programme national de lutte antituberculeuse en améliorant le système de distribution
des médicaments et en assurant une livraison rapide des médicaments antituberculeux aux
centres de santé. En 1991, provinces, villes et municipalités sont devenues
juridiquement autonomes. Vu la décentralisation du système de santé, les pouvoirs
publics locaux jouent un rôle déterminant dans lapplication de la stratégie DOTS.
La couverture par la stratégie DOTS, actuellement de 17%, devrait atteindre 80% environ
à la fin de lan 2000. Lun des éléments clefs de la réalisation des cibles
fixées est létroite collaboration avec le secteur privé, dautant plus
importante que, selon les recherches, 80% de tous les malades atteints de tuberculose
consultent dabord un praticien privé.
Chine
La tuberculose est la principale maladie transmissible en Chine,
responsable dune importante pauvreté dans les zones rurales, et un obstacle au
développement économique local. Chaque année, on compte au moins 1,5 million de
nouveaux cas et le nombre total des malades atteints de tuberculose est de 6 millions. Le
Gouvernement a utilisé un prêt de la Banque mondiale et des ressources nationales pour
introduire la lutte contre la tuberculose par la stratégie DOTS. Dans les zones des
projets DOTS, les taux de guérison sont supérieurs à 90%. La réussite de la mise en
uvre passe par le développement du système de santé. L'application de la
stratégie DOTS a sensiblement amélioré le fonctionnement du système de santé et les
compétences techniques et la capacité de travail des agents de la lutte
antituberculeuse.
Deuxième tour : Stratégies pour combattre la double épidémie
Afrique du Sud
La tuberculose et le VIH sont au premier rang des priorités en Afrique
du Sud. La progression rapide de lépidémie de VIH a activé laugmentation du
nombre déjà élevé des cas de tuberculose. La diversité socio-économique du pays
sest traduite par un déséquilibre au niveau de la prestation des services. Les
tentatives pour harmoniser la lutte antituberculeuse et la lutte contre le VIH/SIDA ont
permis de définir des zones clefs où les deux programmes pourraient travailler en
association :
- Engagement politique
- Approche plurisectorielle
- Orientation et soutien
- Recherche
- Surveillance et évaluation des stratégies mises en uvre.
Des réseaux dagents communautaires bénévoles et de
vérificateurs non professionnels ont été mobilisés pour dispenser des soins aux
personnes vivant avec le VIH/SIDA et veiller à ce que les malades aient accès au
traitement antituberculeux. Pour améliorer la collaboration entre les programmes de lutte
antituberculeuse et de lutte contre le VIH/SIDA, des sites pilotes sont mis en place pour
léducation sanitaire, le conseil et le dépistage volontaires, le traitement des
infections opportunistes, les soins et le soutien aux malades, et la collaboration entre
les projets de soins à domicile et les projets DOTS de proximité.
Thaïlande
On estime que le VIH est responsable de 15-20% des nouveaux cas de
tuberculose dans le pays alors que les taux de tuberculose étaient en baisse depuis
plusieurs décennies. En 1998, 20% des personnes infectées par le VIH avaient aussi la
tuberculose. Du fait du VIH, la tuberculose affecte un plus grand nombre de jeunes et
handicape plus dadultes du groupe dâge productif que jamais. La double
épidémie nest plus un simple problème de santé : elle a déstabilisé des
familles et entravé le développement économique. Face à cette situation, la Thaïlande
sefforce daméliorer les services de lutte antituberculeuse à tous les
niveaux en sappuyant sur la stratégie DOTS, et dintégrer les soins
antituberculeux dans les soins de proximité aux malades infectés par le VIH. La
Thaïlande sinspire aussi de son expérience du VIH/SIDA pour sattaquer à la
double épidémie. La direction des opérations par le Gouvernement, une riposte
intersectorielle, des activités déducation et dinformation et la mise en
place de réseaux avec des groupes de malades et des défenseurs des malades contre la
discrimination figurent parmi les stratégies utilisées.
Ouganda
La double épidémie de tuberculose/VIH est grave en Ouganda où 50%
environ des cas de tuberculose sont positifs pour le VIH. La riposte nationale consiste à
mobiliser toutes les parties prenantes, en particulier les communautés. Les résultats
sont très prometteurs, avec des taux de guérison atteignant 87%. La décentralisation,
lintégration des soins contre la tuberculose et le VIH/SIDA dans le système de
soins général et la participation de la communauté doivent assurer la pérennité du
programme antituberculeux. A lavenir, les communautés seront associées également
à la lutte antipaludique, à la vaccination et aus activités de santé génésique. Des
comités de santé de village seront créés dans tous les villages de 2000 habitants de
façon à mobiliser un mouvement de masse pour promouvoir la santé.
Zimbabwe
Lune des stratégies clefs pour combattre les épidémies de
tuberculose/VIH consiste à développer la capacité des communautés à participer et à
prendre des responsabilités. Les services de santé vont maintenant au devant des
malades. Une nouvelle politique de décentralisation en faveur du district a été
adoptée et le responsable de la santé au niveau du district dirige les services de
santé. Les communautés au niveau du district sont maintenant autorisées par le
ministère des finances à conserver les sommes perçues en paiement des soins de santé.
Séance 5 : Investir durablement dans la santé
La cinquième séance a examiné les options pour le financement et la
pérennité comme moyen dinvestir durablement dans la santé.
Mme Mieko Nishimizu, Banque mondiale, a noté que la Conférence était
une extraordinaire opportunité dapprentissage pour les délégués qui partagent
des enjeux communs et ont des expériences communes. Elle a salué la force collective et
lengagement personnel des responsables. Une telle communauté de situation est
propice à un « cycle vertueux de partenariat pour le développement » -
fondé sur des mesures porteuses de bienfaits sociaux et économiques visibles.
Cinq leçons
Mme Mieko Nishimizu, Vice-Présidente, Banque mondiale
- Dans la lutte contre la tuberculose - comme pour tout autre enjeu du développement
la solution doit être adaptée à chaque cas.
- Les conditions de base des systèmes et des politiques de santé des 20 pays sont très
diverses.
- Les contraintes financières et les stratégies pour dégager des ressources à
lintérieur du pays et à lextérieur diffèrent.
- Les contextes sociaux et culturels pour lobtention de résultats sanitaires
positifs varient sensiblement.
- Les paramètres de lengagement politique varient.
Dix recommandations
Le Dr William Foege, Conseiller principal pour la santé, Fondation Bill and Melinda
Gates, Etats-Unis dAmérique
- Nous devons être mondialistes oublier les frontières nationales.
- Santé et développement fusionnent dans une relation de réciprocité aucun
problème ne peut être compris isolément.
- Sorganiser à léchelle mondiale.
- Il nexiste pas de solution unique.
- Le « secret » de la bonne gestion réside dans la définition de buts
communs.
- Un bon plan stratégique attire largent. Nous avons besoin dun plan
équilibré entre expansion de la stratégie DOTS et endiguement de la tuberculose
polychimiorésistante.
- Saisir linstant. Chaque jour, des occasions qui ne se représenteront pas sont
perdues.
- Faire de la tuberculose une question politique dans tous les pays. Les décisions de
santé publique ont finalement une base politique.
- La lutte antituberculeuse coûte cher mais infiniment moins que la maladie elle-même.
- Prendre des responsabilités. Assurer ensuite la meilleure gestion possible.
« Lessentiel est léquité. »
Table ronde ministérielle : Financement et pérennité
« Cest la gestion qui décide si les connaissances scientifiques
amélioreront ou non la santé. »
Dr William Foege, Fondation Bill and Melinda Gates, Etats-Unis
dAmérique
Brésil
Le Brésil sest engagé à lutter durablement contre la
tuberculose. Le Gouvernement consacre environ 23 millions de dollars par an à la lutte
contre la tuberculose soit 0,13 dollar par habitant 30% de plus que le
niveau recommandé par lOMS. Le nouveau programme national de lutte contre la
tuberculose créé en 1998 privilégie lintégration des services antituberculeux
dans les autres grandes initiatives de santé et la décentralisation de façon à
rapprocher la prise des décisions et les soins des malades. Il reste à améliorer les
capacités gestionnaires au niveau local et à améliorer encore le réseau de
laboratoires. Le Gouvernement a augmenté les ressources (pour les microscopes et les
médicaments par exemple) et lapplication de la stratégie DOTS a été étendue aux
27 Etats. Pour accroître la participation, une prime de 55 à 85 dollars par malade
guéri est versée aux communautés. Le Brésil a engagé des ressources pour atteindre
dici à 2002 un taux de guérison de 85%.
Chine
En 1991, la Banque mondiale et le Gouvernement chinois ont lancé
conjointement un projet de lutte antituberculeuse. Ce projet, sajoutant à un projet
spécial de lutte antituberculeuse financé par les pouvoirs publics, a atteint au total
700 millions de personnes. Plus de 1,2 million de malades atteints de tuberculose
infectieuse ont maintenant été diagnostiqués et traités gratuitement, avec des taux de
guérison pouvant atteindre 90%. La tuberculose est, de toutes les maladies
transmissibles, la plus grande cause de pauvreté. Le Gouvernement sest engagé à
étendre la stratégie DOTS à 90% de la population dici à 2005 ; il
augmentera les crédits consacrés à la lutte antituberculeuse et une réunion de
mobilisation nationale sera organisée.
Inde
Près de 15% de la population sont couverts par la stratégie DOTS par
rapport à 2% seulement il y a un an. On estime que la stratégie DOTS peut prévenir plus
de 1,5 million de décès dici à 2010 le plus grand nombre de vies sauvées
par un même programme de santé publique. LInde prévoit lapplication de la
stratégie DOTS à lensemble du pays dici à 2005. Les priorités de la
recherche sont la mise au point dun vaccin efficace et dune nouvelle
génération de médicaments pour un traitement dun ou deux mois seulement. Ce sont
principalement les pays en développement qui supportent actuellement le coût de la lutte
contre la tuberculose. La communauté mondiale doit sengager davantage à lutter
contre la tuberculose, techniquement et financièrement.
Nigeria
Les crédits alloués à la santé au Nigéria ne dépassent guère
2-2,5% du budget national. Dix pour cent environ des malades atteints de tuberculose sont
actuellement traités grâce à lappui de donateurs internationaux. Le Gouvernement
prévoit daugmenter de 20% le nombre des malades bénéficiant dun traitement
en 2000 mais des ressources supplémentaires sont néanmoins nécessaires pour
sattaquer au problème de la tuberculose dans lensemble du pays. Pour étendre
encore les services, il est envisagé de répartir les coûts entre trois échelons du
Gouvernement fédéral, Etat, local. Le paiement des soins par les malades a été
instauré dans la plupart des services de santé mais le traitement de la tuberculose est
gratuit. Pour assurer la pérennité du soutien au programme antituberculeux, il pourra
être nécessaire de recourir au partage des coûts avec les malades. Les autres options
qui soffrent pour mobiliser des moyens financiers sont lutilisation du
système national dassurance-maladie, le rattachement au programme national de lutte
contre le SIDA et les IST et la réduction du prix des médicaments antituberculeux par
des achats en quantité au niveau central. Léventuelle création dun Fond
national pour la lutte antituberculeuse financé par des fonds privés et publics a été
examinée. La décentralisation du processus décisionnel et le renforcement des
capacités au niveau local sont par ailleurs envisagés pour accroître lefficacité
des services.
Séance finale :
« Etablir de nouveaux partenariats pour faire barrage à la
tuberculose »
Après ladoption à lunanimité de la Déclaration
dAmsterdam pour faire barrage à la tuberculose, deux partenaires de
lInitiative Halte à la tuberculose, lUNICEF et Médecins Sans Frontières,
ont fait des déclarations.
Les raisons de lengagement de lUNICEF sont claires. La
tuberculose est une grave menace pour les droits des enfants, des adolescents et de leur
famille. Les effets négatifs potentiels sur la survie, la croissance et le développement
des populations qui lui ont été confiées sont extrêmement graves. Les femmes et les
jeunes (groupe affecté dont le nombre augmente rapidement) sont menacés dun
ostracisme dévastateur, qui prive les plus affectés de leurs droits et aggrave encore
les risques potentiels liés à un traitement inadéquat. Les effets sur la famille sont
considérables. Il ressort des données de la Banque asiatique de développement que la
moitié au moins des crises financières que traversent les familles pauvres en Asie sont
déclenchées par une maladie catastrophique, spécialement la tuberculose.
Les effets directs et indirects de la tuberculose sur les enfants ont
été trop négligés. Le problème est sous-estimé parce que le diagnostic est difficile
à poser. Les effets de la tuberculose touchent aussi les enfants à lintérieur de
la famille et ils sont souvent retirés de lécole ennviron 300 000 cas par
an en Inde. Inévitablement, les enfants sont négligés lorsque les parents tombent
malades. La maladie rend inopérants les mécanismes de survie familiaux qui allaient de
soi et qui ont été les fondements des systèmes communautaires et familiaux pendant des
générations. LUNICEF a lancé un appel en faveur de recherches supplémentaires
sur la tuberculose et le VIH/SIDA pour définir les risques spéciaux qui menacent les
enfants dans les situations de conflit et ceux qui sont réfugiés, qui font lobjet
dun trafic ou sont en contravention avec la loi.
LUNICEF a approuvé la nécessité détendre la stratégie
DOTS et elle a pressé les pays de créer des plans dinvestissement nationaux pour
compléter le plan dinvestissement mondial en préparation par les partenaires de
lInitiative Halte à la tuberculose. Ces plans doivent être plurisectoriels et
reposer sur un large partenariat ne se limitant pas au système de santé. LUNICEF a
également demandé que davantage de recherches soient effectuées sur la tuberculose et
les enfants.
MEDECINS SANS FRONTIERES sest félicité que la tuberculose
figure maintenant dans les programmes politiques. Elle est restée trop longtemps une
maladie technique, médicale. Le Dr Orbinski, Président international, a affirmé
quil était indispensable daméliorer, détendre et dadapter la
stratégie DOTS. Des recherches accélérées sur de nouveaux médicaments, tests
diagnostiques, vaccins sont nécessaires et dautres moyens dutiliser la
stratégie DOTS doivent être trouvés. Ces solutions reposent sur le droit aux soins de
tout être humain, sur la reconnaissance de légalité daccès aux soins et
sur la responsabilité des gouvernements et des organisations intergouvernementales
dassurer la fourniture des soins de santé.
Le Dr Orbinski a observé que les 20 pays représentés à la
Conférence nont pas les ressources financières nécessaires pour combattre seuls
la tuberculose ni pour investir dans les recherches voulues. Leurs capacités leur
permettent à peine de répondre à leurs besoins. Il est évident que le marché na
pas été capable de produire de nouveaux médicaments antituberculeux. La recherche sur
les médicaments doit être dirigée à léchelle internationale. La tuberculose est
la maladie des pauvres mais les pauvres nont pas de pouvoir dachat. La lutte
antituberculeuse est un bien public et toute initiative publique de recherche et
développement de nouveaux médicaments antituberculeux doit viser en premier lieu
l'égalité d'accès; laccès au médicament même et aux droits de
propriété intellectuelle. Il faudra semployer en particulier à mettre au point un
médicament qui ramène la durée du traitement DOTS à moins de trois mois, avec des
doses minimales.
Table ronde ministérielle Partenariats pour laction
Cinq lignes daction
Le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général, OMS, Genève
- Veillons à ce que la tuberculose bénéficie de la priorité quelle mérite dans
les allocations budgétaires.
- Veillons à ce que toutes les personnes qui en ont besoin aient accès au traitement
quelles en aient ou non les moyens.
- Encourageons la communauté mondiale à soutenir des partenariats de pays pour faire
barrage à la tuberculose et à répondre favorablement aux demandes de soutien
bénéficiant au développement humain par la lutte contre la tuberculose.
- Travaillons en partenariat contre lépidémie mondiale et aidons tous les peuples
du monde à prévenir la tuberculose.
- Prenons durgence des mesures contre la tuberculose polychiomiorésistante et
continuons délargir laccès au traitement DOTS tant que nous le pouvons.
République démocratique du Congo
Pendant ces dix dernières années, le Gouvernement a travaillé en
partenariat avec des ONG à la lutte contre la tuberculose. Un très grand nombre de cas
ont ainsi été dépistés et traités. Il reste à améliorer les compétences des agents
de santé, à renforcer la capacité de coordination du programme, à définir les
priorités pour la sensibilisation et la mobilisation sociale et à mettre fin à
la guerre.
Indonésie
Les partenariats ont joué un rôle clef dans la réussite du programme
national de lutte contre la tuberculose. Chaque jour, la tuberculose fait 500 victimes
le pays se classe au troisième rang dans le monde pour le nombre des cas. Le
Mouvement Gerdunas contre la tuberculose lancé par le Ministre de la santé en 1999 a
mobilisé un formidable engagement politique. La réussite continue du mouvement passe par
un engagement à long terme des bailleurs de fonds.
Nigeria
Le programme national de lutte contre la tuberculose et la lèpre
lancé en 1991 préconise lutilisation de la stratégie DOTS appliquée dans
19 des 36 Etats. De nombreuses activités, comme la fourniture et la distribution des
médicaments, sont assurées par un certain nombre dONG. Des plans daction
conjoints ont en outre été élaborés avec le programme national de lutte contre le SIDA
et les IST. Lun des principaux partenaires pour assurer la continuité des
approvisionnements pharmaceutiques est lindustrie pharmaceutique. Des liens de
collaboration devraient être établis avec dautres secteurs qui jouent un rôle
déterminant dans lamélioration des conditions de vie, la promotion de la santé et
la prévention de la tuberculose, à savoir le logement, léducation,
lagriculture, le travail et la communauté. Afin dencourager
létablissement de partenariats plus nombreux, le Gouvernement nigérian a mis de
côté des fonds de contrepartie pour soutenir les activités de partenaires pour le
développement qui souhaitent investir.
24 mars : Lancement de la Journée mondiale contre la tuberculose
Journée mondiale contre la tuberculose
« Etablir de nouveaux partenariats pour faire barrage à la tuberculose »
est un appel qui doit être entendu au-delà de la communauté des responsables de la
lutte antituberculeuse pour mobiliser de nouvelles parties prenantes telles que des
organisations et organismes internationaux, des associations féminines, des groupes de
défense des droits de lêtre humain, des groupes de soutien aux personnes vivant
avec le VIH/SIDA et dautres pour quelles rejoignent le mouvement destiné à
faire barrage à la tuberculose.
Le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général, OMS
Le thème de la Journée mondiale contre la tuberculose de lan 2000 est
« Etablir de nouveaux partenariats pour faire barrage à la tuberculose ». ...
Nous avons entendu les ministres reconnaître que personne ne devait se voir refuser
laccès au traitement DOTS. Cela signifie que la stratégie DOTS doit être à la
disposition de tous ceux qui en ont besoin, où quils vivent jeunes et vieux,
hommes et femmes, sans-abri et personnes ayant un logement, prisonniers et personnes
libres.
Nous avons entendu les ministres reconnaître que la stratégie DOTS redonnait espoir
aux personnes vivant avec le VIH/SIDA. Elles aussi doivent avoir accès à la stratégie
DOTS sans craindre lostracisme ni la discrimination.
Nous avons entendu les ministres insister sur la nécessité dun financement
adéquat pour faire barrage à la tuberculose assuré par les pouvoirs publics
locaux, le gouvernement central ou la communauté internationale.
Nous avons entendu les ministres décrire comment ils avaient mobilisé des ressources
internationales et comment ils les avaient utilisées pour catalyser une riposte nationale
vigoureuse afin de permettre à un plus grand nombre de malades daccéder au
traitement antituberculeux.
Nous avons entendu les ministres sengager dans les tables rondes en faveur
dune réelle augmentation des mesures nationales et mondiales.
Je pose maintenant la question Comment saisir au mieux lopportunité qui
nous a été offerte ces quelques derniers jours ? Que ferons-nous dautre
demain, lorsque nous aurons quitté cette conférence ? Comment pouvons-nous tous
aider à faire changer la vie des personnes qui sont atteintes de tuberculose et souffrent
de ses effets dévastateurs ? ... Comme nous la rappelé notre collègue de la
Banque mondiale, jamais nous ne verrons se réaliser notre rêve dun monde sans
pauvreté « si nous nunissons pas nos efforts pour surmonter les principales
menaces mondiales qui pèsent sur les personnes démunies et marginalisées ». La
tuberculose est lune de ces menaces et, comme le demande le thème de la Journée
mondiale contre la tuberculose, nous devons « Etablir de nouveaux partenariats pour
faire barrage à la tuberculose ».
ONUSIDA COMMUNIQUE
Personne à contacter : Dominique DeSantis
Tel: (41) 22 791 4509
E-Mail: desantisd@unaids.org
Le Secrétariat de lONUSIDA sassocie à « linitiative halte à
la tuberculose » et souligne les liens étroits entre VIH et tuberculose
AMSTERDAM, 23 MARS 2000. Le secrétariat du Programme commun des Nations Unies
pour le VIH/SIDA (ONUSIDA) sest officiellement associé à lInitiative Halte
à la tuberculose, vaste partenariat visant à stopper la propagation de la tuberculose
dans le monde. LOrganisation mondiale de la Santé, qui coparraine lONUSIDA,
est lhôte de lInitiative. « Les liens étroits qui existent entre la
tuberculose et le VIH sont encore insuffisamment connus, » a dit le Dr Peter Piot,
Directeur exécutif de lONUSIDA. « Les deux épidémies sont indissociables.
Dans certaines régions d'Afrique, leur synergie mortelle a fait quadrupler le nombre des
cas de tuberculose depuis dix ans." Le Dr Piot s'exprimait à la veille de la
Journée mondiale contre la tuberculose, pendant la séance d'ouverture de la Conférence
ministérielle sur "La tuberculose et le développement durable" à Amsterdam.
"Il est essentiel que l'ONUSIDA participe à l'Initiative Halte à la tuberculose
afin de faire face efficacement à la double épidémie" a déclaré le Dr Arata
Kochi, Directeur de l'Initiative Halte à la tuberculose.
BANQUE MONDIALE COMMUNIQUE DE PRESSE
Communiqué N° 2000/254/HD
Personne à contacter: Christopher Walsh
Tel: 1 202 458 2710
E-Mail: Cwalsh@worldbank.org
La tuberculose menace gravement le developpement
AMSTERDAM - "L'unité de but entre les pays et les organisations à cette
conférence est un phénomène sans précédent," a déclaré le Président de la
Banque mondiale, James D. Wolfensohn. "C'est seulement en établissant des
partenariats que les pays feront face efficacement à la tuberculose et aux autres
principales menaces dues aux maladies transmissibles. Personne, isolément, ne peut avoir
l'impact que nous pouvons avoir collectivement."
UNICEF INFORMATION
Fonds des Nations Unies pour l'Enfance CF/DOC/PR/2000-23
Personne à contacter: Alfred Ironside
Tel: 1 212 326 7261
La tuberculose menace maintenant le monde
L'UNICEF estime que le soutien au système DOTS dans le monde entier pourrait éviter
une catastrophe
Genève/New York, 23 mars 2000 - L'UNICEF a décrit aujourd'hui la tuberculose comme
"l'un des problèmes les plus gravement négligés et sous-estimés de notre ère
pour la santé, les droits de l'être humain et la pauvreté" et elle a déclaré que
seul un effort concerté pouvait vaincre une maladie qui est responsable de deux millions
de décès par an, y compris plus de 250 000 décès d'enfants. "La tuberculose est
la maladie infectieuse la plus meurtrière de la planète chez les jeunes et les adultes
et elle fait beaucoup de victimes chez les femmes, a déclaré le Directeur exécutif de
l'UNICEF, Carol Bellamy. "Dans un monde en cours de mondialisation, nous devons
trouver rapidement une solution mondiale." Le Directeur exécutif adjoint de
l'UNICEF, André Roberfroid, insistera sur l'inquiétude de l'organisation dans une
allocution qu'il prononcera demain devant la Conférence ministérielle sur la tuberculose
et le développement durable, qui se tient actuellement à Amsterdam.
"L'inaction coûte cher," estime M. Roberfroid. "Si nous acceptons la
prolifération de services de traitement antituberculeux inadéquats et un traitement
inapproprié par les malades eux-mêmes - réelle possibilité en Asie - nous risquons de
voir augmenter l'incidence de la tuberculose polychimiorésistante. Cela serait une
catastrophe humanitaire et épidémiologique."
ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE
Personne à contacter: Gregory Hartl
Tel: +(41) 22 791 4458
Communiqué OMS/19 www.who.int
Augmentation du nombre des souches pharmacoresistantes dans le monde
LOMS publie un nouveau rapport sur la propagation dune souche tuberculeuse
hautement mortelle. Le nombre des cas pharmacorésistants augmente de 50% dans certaines
régions de l'Europe occidentale. Les pays doivent annoncer des mesures de lutte urgentes
à l'occasion d'un sommet ministériel. Amsterdam - Un nouveau rapport publié aujourd'hui
par l'Organisation mondiale de la Santé et l'Union internationale contre la tuberculose
et les maladies pulmonaires lance un avertissement : si les pays ne prennent pas des
mesures rapidement pour renforcer la lutte contre la tuberculose, les souches
polychimiorésistantes qui ont coûté des centaines de vies à New York et à la Russie
et plus de US$1 milliard dans chaque endroit continueront d'émerger dans d'autres parties
du monde.
Face à cette situation, les hauts responsables de 20 pays, réunis aujourd'hui à
Amsterdam, devraient annoncer une stratégie ambitieuse pour faire barrage à la
pharmacorésistance dans les pays les plus gravement touchés. Ces efforts viseront à
tripler l'accès, au cours de ces cinq prochaines années, à une stratégie dune
efficacité avérée contre le développement de la tuberculose polychimiorésistante.
COMMUNIQUE WHO/20
Journée mondiale contre la tuberculose: le Président Clinton vient en aide aux
malades atteints de tuberculose
Le Président des Etats-Unis, Bill Clinton, a célébré la Journée mondiale contre la
tuberculose en administrant le traitement DOTS recommandé par l'Organisation mondiale de
la Santé à des malades atteints de tuberculose à Hyderabad, Inde. Dans le service de
consultation externe de l'Hôpital Mahavir, le Président Clinton a participé au
traitement de trois malades atteints de tuberculose qui ont reçu aujourd'hui leur
dernière dose de médicament du programme DOTS, d'une durée de six mois. Les malades
étaient une jeune fille de 18 ans et un tireur de pousse-pousse de 35 ans, ainsi
quune fillette de 12 ans à qui le Président Clinton a administré la dose de trois
pilules avant de signer le registre certifiant sa guérison.
© Organisation mondiale de la Santé, 2000
Ce document n'est pas destiné à être distribué au grand public et
tous les droits y afférents sont réservés par l'Organisation mondiale de la Santé
(OMS). Il ne peut être commenté, résumé, cité, reproduit ou traduit, partiellement ou
en totalité, sans une autorisation préalable écrite de l'OMS. Aucune partie ne doit
être chargée dans un système de recherche documentaire ou diffusée sous quelque forme
ou par quelque moyen que ce soit - électronique, mécanique ou autre - sans une
autorisation préalable écrite de l'OMS.
Les appellations employées dans ce document et la présentation des
données qui y figurent n'impliquent de la part de lOMS aucune prise de position
quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités,
ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.
La mention de firmes et de produits commerciaux n'implique pas que ces
firmes et produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l'Organisation mondiale
de la Santé de préférence à d'autres. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale
indique qu'il s'agit d'un nom déposé.
Ce rapport exprime les vues collectives d'un groupe international
d'experts, et il ne représente pas nécessairement les décisions ou la politique
officielle de l'OMS
Le texte intégral des allocutions figure à l'adresse www.stoptb.org
Pour de plus amples informations, s'adresser à:
Initiative Halte à la tuberculose
Organisation mondiale de la Santé
20 avenue Appia
1211 Genève 27, Suisse
tél. +41 22 791 2675
fax: +41 22 791 4199
http://www.who.int
|